Entries from February 1, 2007 - March 1, 2007

Les créatures de Darwin Dimensions

GAL-10.jpgBesoin d’un personnage virtuel en 3D pour un jeu, une vidéo ? Et pas le temps de le créer ex-nihilo ? J’ai ce qu’il vous faut. Le logiciel Evolver de Darwin Dimensions permet non pas de créer, mais d’engendrer un personnage à partir de ses ancêtres. En dix minutes.
Evolver comporte une banque d’humanoïdes en tout genre, issus des quatre coins de la planète, certains de plus loin. L’utilisateur choisit parmi eux au moins quatre grands-parents.
Ensuite, il fixe à l’aide de curseurs l’influence de chaque parent sur la génération suivante. Pour le visage en général, ou en particulier les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, le crâne. Pour la corpulence, la peau, la taille…
J’en dis plus long dans la page Innovation du quotidien Les Échos de mardi. On comprend tout en regardant cette démo. On y voit que la génétique est interprétée librement. Si l’on veut obtenir un vrai mec, mieux vaut choisir quatre grands parents mâles. Pour un enfant il faut partir d’enfants…
Au final, Evolver fournit un personnage prêt à être animé par les logiciels ad hoc. Un répertoire de 77 expressions faciales est inclus. Les habits, pilosités et accessoires ne sont pas fournis. Il y a tout ce qu’il faut sur le marché.
Darwin Dimensions est installée à Montréal, décidément la capitale du logiciel d’animation.

Posted on mer. 28 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments5 Comments

Robots animaux

BigDog.jpgLe robot homo sapiens, je n’y crois pas trop. Disons pour les 20 ans à venir. Quel job pour un bipède maladroit et bête comme ses pieds, qui en plus nous ressemblerait ? En revanche, une mule qui aurait les qualités d’une mule pourrait trouver un emploi, ne serait-ce que dans les armées. Les robots animaux, c’est l’une des spécialités de Boston Dynamics, une entreprise du Massachusetts qui travaille pour l’armée US. Dans leur ménagerie on trouve BigDog (vidéo), une sorte de mule, comme son nom ne l’indique pas, capable de grimper des pentes à 35°, de porter 75 Kg et douée d’un sens aigu de l’équilibre. Et RiSE (vidéo), un gros insecte grimpeur. Et encore RHex (vidéo), un rampant passe partout à six pattes-roues. Enfin, LittleDog (vidéo), petit frère du grand.
Le site web de Boston Dynamics semble bien calme. Peut-être que ces robots n’ont pas trouvé de client, après tout…

Posted on lun. 26 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | CommentsPost a Comment

Réalité française augmentée

Total_Immersion.jpgUn petit tour au rayon « il y a des gens qui font des trucs formidables en France, mais on n’a pas le temps d’en parler, vu qu’on est trop occupé à dire que l’herbe est plus verte en Californie ».  Je plaide coupable.
La société Total Immersion, de Suresnes (Hauts-de-Seine) présentait il y a trois semaines la dernière version de son logiciel D’Fusion, à DEMO 07. Un rendez-vous sélect où quelques douzaines de start-up triées sur le volet viennent faire en six minutes une démo de leur dernier bébé devant des centaines de technophages qui ont payé 2000 $ à 3000 $ leur place de happy few. C’est le moment et l’endroit rêvés pour lancer (ou relancer) un produit. Sur 70 intervenants, il y avait une boîte hexagonale, une.
D’Fusion est un outil de réalité augmentée. Il ajoute, en temps réel, des ingrédients virtuels dans une scène filmée. On comprend bien mieux en regardant la démo.
On peut craindre que le secteur d’application le plus prometteur, financièrement, soit la télé, et d’abord la plus débile. Mais comme je suis irrémédiablement optimiste, je me dis que cette réalisation ingénieuse va bien réussir à se trouver quelques usages sympathiques.

Posted on jeu. 22 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments7 Comments

Des fenêtres vraiment ouvertes

785186-673651-thumbnail.jpgRas-le-bol du baratin panurgico-panégyrique sur le dernier Windose, comme toujours en retard sur l’état de l’art, et surtout l’air du temps ? Le système le plus flic, le plus moisi de tous les temps ?
Besoin d’air ? Ouvrons les fenêtres, allons voir ce qu’une équipe de chercheurs du Laboratoire de Recherche en Informatique (LRI, Orsay) est capable de réaliser. Et ce que peut donner un partenariat avec deux petites entreprises du monde du libre, Mekensleep et Mandriva.
Metisse est un système de fenêtrage basé sur X Window, conçu pour faciliter la mise en oeuvre de nouvelles techniques d’interaction pour la gestion de fenêtres. Cet outil n’est pas destiné à l’étude d’un style particulier d’interaction, mais une plate-forme permettant l’exploration de nouveaux environnements interactifs.
Metisse est développé par Olivier Chapuis et Nicolas Roussel, deux chercheurs de l’équipe-projet In Situ (LRI/Université Paris-Sud & CNRS, Inria). Il est disponible gratuitement sous licence GPL.
La visite commence ici. Je recommande la galerie de vidéos, dont celle-ci, qui montre le copier-coller façon Mandriva, ou bien cette autre… Voir aussi le site Pok3d, réalisé par Mekensleep.

Posted on lun. 12 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments1 Comment

Le scandale du passeport RFID

785186-665619-thumbnail.jpgOu plutôt : « le scandale du non-scandale du passeport RFID ». Le vrai scandale, c’est le silence médiatique assourdissant sur cet état de fait : après les USA, l’Europe impose à ses citoyens un e-passeport doté d’une puce RFID qui ne demande qu’à bavarder. Qui facilite le vol d’identité, qui donne un coup de pouce au banditisme, au terrorisme. Et tout cela au nom de la sécurité nationale.
Dès le départ, les experts avaient prévenu. Non, une puce RFID n’est pas un moyen de sécuriser un passeport mais bien plutôt de lui coller un gros problème de sécurité supplémentaire. En octobre 2004, le pape de la sécurité informatique Bruce Schneier dénonçait : « …les porteurs d’un [tel] passeport diffuseront en permanence leurs nom, nationalité, age, adresse et tout ce qu’il y a sur la puce RFID. » C’était le premier volet du scandale : les politiques décident contre l’avis des compétents.
Acte deux. Les preuves s’accumulent. En Allemagne, début 2006, le consultant en sécurité Lukas Grunwald, clone la puce de son propre passeport, avec du matériel du commerce. Puis, Kevin Mahaffey, spécialiste du RFID de Los Angeles, montre que le passeport de l’administration Bush permet d’envisager une mine qui se déclencherait au passage d’un citoyen des États-unis. Sa démo fait un tabac sur YouTube. Enfin, un article du Guardian annonce que des spécialistes savent lire le contenu d’un e-passeport. À distance.
Mais nous avons atteint un troisième stade : le scandale est désormais officiel mais chut, n’en parlons pas. Et ne faisons rien. Aux États-Unis, des gurus de la sécurité informatique appointés par un sous-comité ad hoc du Department of Homeland Security, expliquaient, en mai, dans un rapport (« L’usage de la RFID pour l’identification humaine ») que la RFID « …augmente les risques pour la sphère privée et la sécurité personnelle, sans bénéfice proportionné pour l’efficacité ou la sécurité nationale. » Réaction : néant.
Ce n’est pas tout. « En omettant de mettre en place un concept et un système de sécurité appropriés, les gouvernements européens obligent leurs citoyens à adopter des pièces d’identité […] qui diminuent leur sécurité et la protection de leur sphère privée tout en accroissant les risques liés aux vols d’identité. » Quel groupuscule gauchiste parle ainsi ? Un comité d’experts auprès de l’UE, le Fidis (Futur de l’identité dans la société de l’information), qui a voté à l’unanimité et publié en novembre dernier la Déclaration de Budapest. C’est donc la crème de la crème de nos experts européens officiels en sécurité informatique qui interpelle nos gouvernements et leur dit : « vous avez déconné à plein tube ». Où sont les réactions ? Où sont les gros titres ?
Autopromo. On trouvera des précisions dans un article sur la technologie RFID que je signe dans le dernier numéro spécial de La Recherche, sur les Sciences à risque (Les Dossiers de La Recherche, N° 26, p. 64).

Posted on mar. 6 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments30 Comments

20 ans d'écrans "multi-touch"

785186-659652-thumbnail.jpgSteve Jobs a provoqué un formidable « Wow ! »  à Macworld, et dans le monde, en faisant le 9 janvier dernier la démo du iPhone. Un geste, restitué sur écran géant, a particulièrement marqué les esprits : lorsqu’il zoome sur une photo, en appliquant son pouce ET son index sur l’écran puis en les écartant. Magique. Le monde connaissait  un peu l’écran tactile, il découvrait l’écran « multi-tactile » (« multi-touch »).
Si son application au iPhone est une prouesse, l’écran multi-tactile est loin d’être tout neuf. Les recherches en ce domaine remontent à plus de 20 ans. Bill Buxton, un pape de l’IHM (Interaction homme-machine), en fut l’un des premiers acteurs. J’ai connu ce chercheur canadien il y a dix ans alors que je concoctais un numéro spécial de La Recherche sur l’IHM (L’ordinateur au doigt et à l’œil, mars 1996). Son article nous fit découvrir toutes sorts d’écrans étonnants.
En 1985, Bill Buxton, alors chercheur à l’Université de Toronto, présentait déjà à CHI (« Computer Human Interface », la grande messe annuelle de l’IHM) un papier titré : A Multi-Touch Three Dimensional Touch-Sensitive Tablet.  Bien d’autres suivront (voir ici et ) sur ce thème. Et les équipes travaillant sur le multi-tactile se multiplieront. Bill Buxton conte cette épopée ici.
Le Digital Desk de Pierre Wellner, l’une de mes plus grosses surprises dans mes voyages en territoire IHM, est un cas à part. Cette maquette, plutôt que prototype, montre, dès 1991, une interaction à deux doigts, comme sur un écran tactile actuel, mais en l’occurrence sans écran. Elle repose sur la projection et la vision. À voir absolument.
Les choses se précisent en 2001 quand le Diamond Touch est mis au point au Mitsubishi Research Labs, à Cambridge (MA). On peut y jouer à quatre mains et plus, et il reconnaît même chaque utilisateur grâce à un bidule porté à la ceinture. L’objet est commercialisé depuis quatre ans environ.
Jun Rekimoto (Sony Computer Science Laboratories, Tokyo), à CHI 2002, démontre SmartSkin (vidéo), un dispositif capable d’apprécier la distance du doigt à l’écran.
En 2003, l’entreprise JazzMutant dévoile un écran multi-tactile qu’elle emploie dans son Lemur, un contrôleur Midi destiné à piloter un studio de musique électronique (vidéo, encore). C’est, d’après Bill Buxton, le premier produit commercialisé au monde intégrant un écran multi-touch. JazzMutant est sise à Bordeaux (France).
Depuis 2004, c’est la bousculade. Entre autres, Microsoft Research s’y met, avec son projet TouchLight d’Andrew Wilson, qui enchaînera avec PlayAnywhere. Son approche repose sur la vision. Puis, en 2005, Matsushita propose un écran qui voit littéralement l’ombre des doigts. Il comporte tout simplement des pixels rouges, verts, bleus et… d’autres photosensibles.
Et puis il y a Jeff Han, un chercheur de la NYU (New York University). Lui est un peu connu depuis que la vidéo de sa prestation devant le public de TED 2006 a fait le tour des blogs technoïdes. Un excellent article de Fast Company propose une nouvelle démo. Éblouissant !

Posted on ven. 2 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments12 Comments