Entries from April 1, 2008 - May 1, 2008

Défendons le Palais de la découverte !

Palais_Dcouverte.jpgAu secours ! On veut rétrécir le Palais de la découverte. MON Palais de la découverte. Celui où, enfant, j’ai pour la première fois touché du doigt la science. Que dis-je, où j’ai pris mes premiers bains de science.

C’est au Palais de la découverte que l’on se fait asperger d’air liquide, ébouriffer les cheveux sous 200 000 volts, centrifuger dans un manège, secouer par un tremblement de terre force 8 sur l’échelle de Richter. Sensations fortes, avec des explications. Pas pour amuser la galerie, mais pour connecter, dans l’esprit des petits et grands, le concret et le concept. Pour illustrer ce va-et-vient entre le fait et la théorie, qui construit la science.

Ce Palais de la découverte, donc, d’aucuns prévoient de le rapetasser. Parce que l’on a d’autres projets pour valoriser le Grand Palais, où il est installé. Alors on lui chipote les mètres carrés, les mètres cubes. Exemple : les exposés « air liquide » et « chaleur », que l’on peut voir chacun quatre fois par jour, devraient faire salle commune. Pratique.

Ce n’est pas tout. À cause d’un financement en berne, certaines expériences sont déjà en friche. Quelques-unes risquent de disparaître, comme la centrale nucléaire, qui nécessite des travaux.

Mais aussi, franchement, pourquoi les gens voudraient-ils comprendre l’énergie nucléaire, je vous le demande ? Est-il bien raisonnable de dépenser tout ce précieux argent public pour que les citoyens de ce pays comprennent ce qu’est un gène, une onde, un gaz à effet de serre ou l’effet photovoltaïque :-?

Soyons sérieux. À une époque où un nombre croissant de grands choix de société reposent sur des notions scientifiques, il est au contraire vital, pour la démocratie, que le peuple (excusez le gros mot) comprenne afin de décider en connaissance de cause. Est-ce que le citoyen français est parfaitement à l’aise avec toutes ces notions que l’on retrouve au cœur de grands débats de société : biodiversité, réchauffement global, crise énergétique…

Devrait-on se contenter de l’école (et de la télévision ;-) pour mener à bien cette mission essentielle de vulgarisation scientifique ? Non, ce n’est pas un luxe d’offrir aux Français ce lieu particulier d’accès au savoir scientifique qu’est le Palais de la découverte. Le citoyen n’accepte plus de s’en remettre à l’avis des experts. Et il ne veut pas « mourir idiot ». Il a donc besoin d’un choix renouvelé, et non pas rétréci, de lieux d’accès à la science.

Á propos de choix, il est question aussi de fusionner le Palais de la découverte avec la Cité des sciences et de l’industrie. En voilà une drôle d’idée : ce qui est sympathique avec ces deux institutions, c’est qu’elles ont deux approches différentes. Deux histoires, deux cultures, deux visions. Étrange que sous un gouvernement qui clame si fort son libéralisme, on ignore les vertus de la concurrence…

Pour en savoir plus sur le combat des personnels et amis du Palais de la découverte pour que ce dernier ne soit pas amputé, qu’il retrouve un budget décent et ne soit pas fusionné avec la Cité des sciences, cliquer ici. Il y a une pétition. rue89_small.gif

Posted on ven. 25 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments17 Comments

300 Go sur le disque holographique Tapestry de InPhase Technologies

Tapestry.jpgVous trouvez le DVD décidément trop étriqué, et même la variété Blu-ray, avec ses 50 Go en double couche, ne suffit plus à absorber les sauvegardes de vos inoubliables créations ? Qui parle de téléchargement ?
Une solution est en vue pour vous. Le disque holographique, si l’on en croit Robin Harris de ZDNet, ne sera plus un serpent de mer dans un mois. C’est en mai prochain que devraient être livrés les premiers exemplaires du très attendu Tapestry de InPhase Technologies, un lointain rejeton des Bell Labs installé dans le Colorado.
300 Go, c’est ce que permettra de stocker (sur support non réinscriptible, pour le moment) le modèle de première génération, Tapestry300r (pdf). InPhase annonce déjà la couleur pour les futurs Tapestry v2 et v3 : ce sera 800 Go puis 1,6 To (pour téraoctet). Compter 18 mois à deux ans entre deux générations, promet InPhase. Enfin, on verra.
Bon, dans un premier temps, l’objet ne sera pas donné. Tarif : 18 000 $ (11 400 €). On sait ce que deviennent les prix, dans cette industrie. Le support (180 $) est d’un diamètre supérieur au DVD (130 mm contre 120). Il est surtout protégé dans un boîtier (152 x 135 x 11 mm).
InPhase Technologies annonce deux bonnes nouvelles. Une sympathique vitesse de transfert, de 20 Mo/s dans un premier temps, puis 80 et 120 Mo/s (soit un CD en 6 s, un film HD en 3 mn) pour les générations à venir. Et une durée de vie du support de 50 ans (contre 20 pour un DVD ?). Tous ces chiffres sont fournis par le fabricant et donc livrés au conditionnel.
En deux mots, une mémoire holographique enregistre les données dans l’épaisseur (ici 1,5 mm) de son support (photographique) où sont formées des franges d’interférence (hologramme) par l’intersection de deux faisceaux laser, l’un de référence et l’autre modulé par un écran sur lequel est affiché une matrice de pixels correspondant aux bits à enregistrer.
Ça représente quoi, 300 Go ? Une journée entière de vidéo HD (et une semaine en définition ordinaire) ou 6 mois de musique en MP3 « haute qualité ».
La mauvaise nouvelle, c’est qu’aucune date de lancement en France n’est encore connue…

Posted on dim. 20 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments6 Comments

Astéroïde, petit génie et storytelling

Impact.jpgL’histoire était trop tentante, comment résister ? Un « petit génie », comme les affectionne la civilisation du temps de cerveau disponible, fait la leçon à une prestigieuse institution scientifique, la Nasa. Et nous apprend que la fin du monde est (peut-être) pour 2036. Les « savants » avaient bien repéré l’astéroïde Apophis, mais ils avaient oublié un truc : les satellites ! Si le gros caillou se cogne dans l’un d’entre eux lors de son premier passage en 2029, estime le jeune allemand de 13 ans, sa trajectoire sera modifiée au point qu’il risque vraiment de nous tomber dessus au prochain passage, en 2036. Le gosse refait les calculs et trouve que la probabilité d’un impact n’est pas de une chance sur 45 000, comme l’indique la Nasa, mais de une sur 450. Une erreur d’un facteur 100, la honte pour la Nasa, la gloire pour le gamin…
C’est pas un beau sujet, ça ? Cette mayonnaise prend d’abord dans la presse allemande locale (le Potsdamer Neueste Nachrichten) et moins locale (comme le Bild), elle est ensuite reprise en France et dans le monde, via l’AFP, qui publie une improbable dépêche [Edit le 17/4 à 12h15 : notre lien initial vers la version afp.google.com de la dépêche renvoie désormais vers une version corrigée, on trouvera ici notre mémoire de la dépêche originale] dans laquelle rien n’est vérifié et à peu près tout est faux. Sauf au moins une chose : l’URL de la page du site spécialisé de la Nasa qui fournit (et fournissait déjà avant cette affaire) tous les détails nécessaires pour constater que le gamin s’est mis le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.
Car si Apophis doit effectivement passer dans les parages de la Terre en 2029, à quelque 33 000 Km d’altitude, ses chances de se cogner au passage sur un satellite géostationnaire (orbitant à quelque 36 000 Km) sont en fait infimes. Pas seulement parce qu’ils ne sont qu’un bon millier, en comptant les morts, et certainement pas 40 000 comme l’indique la dépêche. Mais surtout parce que l’astéroïde arrivera « en biais » et passera très au large de l’orbite équatoriale fréquentée par ces satellites. C’est écrit en toutes lettres sur la fiche d’Apophis sur le site ad hoc de la Nasa.
Dans ce désastre journalistique, j’apprécie tout particulièrement cette phrase : « La Nasa et Nico Marquardt estiment qu’en cas de collision, la boule de fer et d’iridium d’un diamètre de 320 mètres et lourd de 200 milliards de tonnes tomberait dans l’Océan Atlantique. » Un collier de perles. Le site de la Nasa estime la masse de l’astéroïde à 20 millions de tonnes (soit 10 000 fois moins) et suppose qu’il est du type « chondritique », essentiellement pierreux. Raté pour la « boule de fer et d’iridium », dont on ne parle dans aucun livre d’astronomie. Cerise sur le gâteau, alors que le document de la Nasa explique en long et en large qu’Apophis a toutes les chances de rater la Terre dans les grandes largeurs, l’AFP nous annonce que c’est dans l’Océan Atlantique que le caillou tombera.
Le blog « astronomique » de l’Allemand Daniel Fisher semble avoir été le premier à rétablir les faits, après un contact avec Don Yeomans, le pape de la chasse aux astéroïdes à la Nasa. Laquelle, pour finir, a produit un démenti officiel, pour défendre ses excellents calculs, qui tiennent compte des satellites, merci, c’est gentil de nous y avoir fait penser, mais le risque d’impact, le 13 avril 2036, est toujours évalué à 0,000022 (soit une chance sur 45 000). Et la Nasa de préciser : non, elle n’a pas eu le moindre contact avec le « petit génie ». Non, contrairement à ce qui a été largement colporté, elle n’a pas reconnu la soi-disante erreur et encore moins concédé que les calculs du jeune Allemand seraient exacts. rue89_small.gif

Posted on jeu. 17 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments1 Comment

Johnny Lee, le génie de la Wii

Il s’appelle Johnny Chung Lee (son blog) et il fait des miracles avec une Wii (la fameuse console de jeu de Nintendo), et quelques dollars de matos supplémentaire, que l’on peut acheter n’importe où (« n’importe où » se dit « chez RadioShack » aux États-Unis).
C’est surtout la « Wiimote », la zapette de la Wii, qui l’intéresse, d’ailleurs. Elle comporte une caméra infrarouge pas ridicule du tout. Qui lui permet de réaliser, pour une poignée de dollars, un tableau interactif tout à fait plausible. Ou une sorte de pseudo écran tactile tout aussi géant. Ou encore un dispositif permettant de pénétrer dans un univers 3D.
Il a fort bien expliqué tout ça lors de son passage à TED en mars dernier, et la vidéo de son topo est désormais disponible (TED, Youtube). Désolé, c’est toujours en anglais, mais c’est plus pro que les vidéos de Johnny Lee, qui ont fait un tabac sur Youtube.
Souvent présenté comme un « jeune étudiant » (pour faire plus “petit génie” ?), Johnny Chung Lee est encore jeune  mais déjà chercheur, il prépare une thèse au Human-Computer Interaction Institute de la Carnegie Mellon University (Pittsburgh, PA), l’un des meilleurs campus du monde. On n’est pas inquiet pour lui. 

Posted on mar. 15 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments1 Comment

L'aérogel malais isole bien moins cher

aerogel.jpgL’aérogel est le matériau solide le plus léger du monde. Avec une densité de quelque 3 grammes par litre, il est 10 fois plus léger que le polystyrène expansé, deux fois plus lourd que l’air. Cela parce qu’il en contient 99,8%, d’air. Transparent, ce matériau supporte sans bobo 2000 fois son poids et ne fond qu’à 1200 °C. Enfin, c’est un isolant thermique hors norme. Il est par exemple 37 fois plus isolant que la laine de verre, très largement utilisée dans le bâtiment.
Inventé en 1931, l’aérogel reste cher. La variété la plus courante,  l’aérogel de silice (qui est en quelque sorte du verre battu en neige), est commercialisé à près de 2000 € le Kg, soit 6 € le litre. Ce qui limitait jusqu’à présent son usage à quelques niches scientifiques et industrielles.
Quoi de neuf ? Une jeune chercheuse de l’Université technologique de Malaisie, Halimaton Hamdan, diplômée de l’Université de Cambridge, a récemment trouvé une solution pour diviser par cinq le coût de production de l’aérogel de silice. Qui plus est, en utilisant comme matière un déchet agricole, le son (l’enveloppe du grain) de riz. Une fois industrialisé, son procédé fournirait donc de l’aérogel à quelque 400 € le Kg, un peu plus de 1 € le litre. Encore trop cher ? C’est de toute façon une étape, d’autres progrès pourraient suivre. Et souvenons-nous que ce matériau isole 37 fois mieux que la laine de verre : il en faut donc 37 fois moins pour un même résultat…
Isolation ? Mais au fait, n’ai-je pas entendu dire que nos logements jettent la chaleur par les fenêtres (mais aussi les murs, le toit…) ? Au point que, très logiquement, le tout premier effort à fournir, le plus trivial pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre consiste précisément à améliorer leur isolation ? Autant dire que l’avenir de la planète dépend d’inventions comme cet aérogel moins cher. Merci, Halimaton Hamdan. Via Ecogeek. rue89_small.gif

Posted on jeu. 10 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | CommentsPost a Comment

Dessine-moi un éléphant !

Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe, là ? La brave bête reproduit, bêtement, des gestes enregistrés à force de dressage ? Si vous le dites. N’empêche, j’aimerais avoir le geste aussi précis. Mais je n’ai pas de trompe.

Si un éthologue de passage pouvait nous éclairer… rue89_small.gif

Posted on dim. 6 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments7 Comments

Hydro… lien (2)

Seagen.jpgL’énergie de la mer a franchi une étape symbolique. Seagen, la première hydrolienne de production dépassant le mégawatt vient d’être posée par 24 mètres de fond, dans le détroit de Strangford, en Irlande du Nord. L’un des plus puissants courants de marée du monde lui permettra de produire jusqu’à 1,2 MW d’électricité en pointe, pendant 18 à 20 heures par jour. L’installation, partiellement émergée, comporte un pylone central, sur lequel un bras mobile portant deux hélices circule entre une position basse de production et une position haute facilitant la maintenance. Les deux hélices bipales de 16 mètres d’envergure sont réversibles, afin d’exploiter le courant aussi bien lors de la marée montante que descendante.
Seagen devrait être opérationnelle dans quelques semaines et reliée au réseau électrique cet été. Elle doit alimenter un millier de foyers. Le constructeur, Marine Current Turbines, prolonge ainsi l’expérience acquise depuis l’installation en 2003 de l’hydrolienne Seaflow de 300 kW à Lynmouth, près de Cardiff (dont nous parlions ici). La suite ? Une ferme de sept hydroliennes totalisant une puissance crête de 10 MW devrait être installée d’ici 2012 au large de l’île Galloise de Anglesey.
L’installation de Seagen confirme la position de pionnier de la Grande-Bretagne en matière d’énergie de la mer. On sait qu’elle risque d’être quelque temps handicapée par un coût élevé, induit par la spécificité du milieu marin (corrosion, accessibilité…). Mais on sait également qu’elle représente un vaste potentiel (surtout l’énergie des vagues), tout particulièrement pour une nation encerclée par la mer et qui dispose d’un “savoir-faire-sous-la-mer” développé pour l’exploitation du pétrole offshore. rue89_small.gif

 

Posted on sam. 5 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments4 Comments