Phoenix est bien arrivé sur Mars
Ils l’ont fait ! Les chercheurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory) piaffaient comme des gosses devant les caméras de Nasa TV, cette nuit à 1h53’44”, heure française, lorsqu’un signal radio en provenance de Mars a signalé que leur sonde Phoenix s’était posée sans heurt sur le sol de la planète rouge. Signal qui avait mis plus de 15 mn pour leur parvenir, puisque Mars se trouve actuellement à 276 millions de Km de la Terre.
C’est donc un engin de 410 Kg, non mobile mais doté d’un bras robotique, qui vient d’être livré sur le sol de Mars, plus précisément au milieu de la plaine arctique de Vastitas Borealis, par 68° de latitude Nord, ce qui correspond par exemple au sud du Groenland. Cette localisation a été choisie à la suite d’observations faites en orbite par une autre sonde de la Nasa (Mars Odyssey), qui laissent penser que de la glace s’y trouve en abondance.
La mission scientifique de Phoenix, conçue par une équipe de l’Université de l’Arizona, consistera essentiellement à creuser le sol martien à l’aide de son bras robotisé et à y prélever des échantillons, qui seront analysés par ses divers instruments, parmi lesquels un microscope optique et un autre électronique, un spectroscope (analyse chimique) et d’autres capables de mesurer divers paramètres physiques et chimiques.
Ne rêvons pas, il y a peu de chance que Phoenix réponde d’une manière définitive à la question de la vie sur Mars. Personne à la Nasa n’espère repérer des petits hommes verts, mais il reste possible que des organismes simples, similaires par exemple à nos bactéries, vivent ou aient vécu dans le sol martien.
Phoenix n’est pas équipé pour « détecter » directement la vie. Ses instruments devraient en revanche confirmer la présence de glace, et aider les chercheurs à comprendre son histoire : est-ce qu’il y a eu de l’eau liquide à une époque, une véritable calotte glaciaire, une atmosphère de vapeur d’eau ?
Et l’eau, comme chacun sait, est un préalable à la vie telle qu’on la connaît. Maintenant, si un microbe martien a le bon goût de tomber pile poil sous l’œil du microscope de Phoenix, il sera le bienvenu ;-!
Le budget de cette mission s’élève à 457 millions de dollars, soit 290 M€. Autant dire : des clopinettes. Pour mémoire, la station orbitale, dont tout le monde se demande encore à quoi elle pourrait bien servir, aura coûté quelque 100 milliards de dollars.
Cette image (brute de coffrage, en fausses couleurs, violet + infrarouge) envoyée par Phoenix peu après son arrivée sur Mars a mis d’excellente humeur les chercheurs du JPL et de l’Université de l’Arizona. On n’y voit pas de glace en surface, comme c’était prévu, puisqu’on l’imagine plutôt quelques centimètres en dessous. En revanche, on observe un “modelé” polygonal, ici en damier, typique de certaines régions terrestres au sol perpétuellement gelé (pergélisol ou permafrost).



Reader Comments (1)
Magnifique réussite. Personnellement je trouve que le plus beau c'est d'arriver à construire des engins comme celui-ci et de les envoyer sur Mars. Les découvertes que la sonde va faire seront à mon avis peu surprenantes.