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300 Go sur le disque holographique Tapestry de InPhase Technologies

Tapestry.jpgVous trouvez le DVD décidément trop étriqué, et même la variété Blu-ray, avec ses 50 Go en double couche, ne suffit plus à absorber les sauvegardes de vos inoubliables créations ? Qui parle de téléchargement ?
Une solution est en vue pour vous. Le disque holographique, si l’on en croit Robin Harris de ZDNet, ne sera plus un serpent de mer dans un mois. C’est en mai prochain que devraient être livrés les premiers exemplaires du très attendu Tapestry de InPhase Technologies, un lointain rejeton des Bell Labs installé dans le Colorado.
300 Go, c’est ce que permettra de stocker (sur support non réinscriptible, pour le moment) le modèle de première génération, Tapestry300r (pdf). InPhase annonce déjà la couleur pour les futurs Tapestry v2 et v3 : ce sera 800 Go puis 1,6 To (pour téraoctet). Compter 18 mois à deux ans entre deux générations, promet InPhase. Enfin, on verra.
Bon, dans un premier temps, l’objet ne sera pas donné. Tarif : 18 000 $ (11 400 €). On sait ce que deviennent les prix, dans cette industrie. Le support (180 $) est d’un diamètre supérieur au DVD (130 mm contre 120). Il est surtout protégé dans un boîtier (152 x 135 x 11 mm).
InPhase Technologies annonce deux bonnes nouvelles. Une sympathique vitesse de transfert, de 20 Mo/s dans un premier temps, puis 80 et 120 Mo/s (soit un CD en 6 s, un film HD en 3 mn) pour les générations à venir. Et une durée de vie du support de 50 ans (contre 20 pour un DVD ?). Tous ces chiffres sont fournis par le fabricant et donc livrés au conditionnel.
En deux mots, une mémoire holographique enregistre les données dans l’épaisseur (ici 1,5 mm) de son support (photographique) où sont formées des franges d’interférence (hologramme) par l’intersection de deux faisceaux laser, l’un de référence et l’autre modulé par un écran sur lequel est affiché une matrice de pixels correspondant aux bits à enregistrer.
Ça représente quoi, 300 Go ? Une journée entière de vidéo HD (et une semaine en définition ordinaire) ou 6 mois de musique en MP3 « haute qualité ».
La mauvaise nouvelle, c’est qu’aucune date de lancement en France n’est encore connue…

Posted on dim. 20 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments6 Comments

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Reader Comments (6)

Hello , tout d'abord un petit mot pour vous féliciter sur votre blog que je lit avec plaisir.
Ensuite concernant la sauvegarde qui est un problème que bien peu de gens prennent au sérieux, j'avoue avoir été particulièrement séduit par des solutions comme Mozyhome. Sauvegarder en ligne est long, mais extrêmement simple et peu couteux. Un année du service coute moins cher qu'un seul de ces supports de stockage et dans le cas de mozyhome l'offre est illimitée.
Bref des services de ce genre permettent au commun du mortel de déclarer crânement comme Linus Torvald :"Real men don't back up, they upload !"

dim. 27/04/08 01:45 | Unregistered CommenterAxel

Upload vs backup ?
J'ai testé une demi-douzaine de sites de backup il y a un an environ. Très déçu.
Il faut que je teste à nouveau tout cela…

lun. 28/04/08 00:01 | Registered CommenterPierre Vandeginste

Quelques très rapides remarques en passant. L’enregistrement holographique de Tapestry semble utiliser des supports assez proches que ceux mis en œuvre dans les solutions « DON » des années héroïques. Seul le mode d’écriture change. Tout çà coûte cher, d’autant plus cher que la capacité est absolument ridicule… ce que vous faites remarquer fort justement. 300 Go, c’est le sixième de mon espace de stockage personnel… c’est à peine la capacité du disque dur de ma console de jeux… une capacité technologiquement dépassée. Peut-on imaginer aujourd’hui qu’un industriel se lance dans un programme d’outils de backup dont la taille ne soit pas au minimum dix fois celle de la contenance moyenne des winchesters installés sur un serveur ? Les plans à moyens terme de l’intégrateur semblent donc voués à l’échec. Echec d’autant plus grand que l’idée même de sauvegarde est un leurre qui agite le landerneau informatique depuis l’invention du premier tambour magnétique par Monsieur Cray (période CDC si j’ai bonne mémoire). Notre monde numérique repose de plus en plus sur une illusion d’archivage ; la bande magnétique –ou le DVD-Rom- sont de plus en plus souvent remplacés par des synchronisations croisées entre disques situés dans plusieurs « data centers ». Et plus l’informatique se virtualise, plus cette fuite en avant se confirme, moins la propriété intellectuelle contenue dans un centre de traitement est prévue pour durer. Certes, les données sont sécurisées, dupliquées, réparties géographiquement, décentralisées… mais rien n’est fait pour résister à l’épreuve du temps.

Glissons sur la solidité du support ( Shelf life; un-recorded media=3 years, Archive life; recorded media=50 years). Ce qui implique que, dans moins de 20 ans, il sera nécessaire de reprendre la totalité de ses enregistrements pour les confier à un support encore un peu plus pérenne. C’est là reculer pour mieux sauter… a condition que l’on se souvienne comment sauter. Car, bien souvent –remember les disquettes 8 pouces ou les cartouches DC600-, des pans entiers d’archives disparaissent faute soit de mécanique capable de « relire » les anciens supports, soit de programmes capables de « transcoder » les anciens formats numériques en fichiers compatibles avec les applications modernes, soit d’intérêt pour les mémoires poussiéreuses des anciens temps… Or, si l’historien d’aujourd’hui peut parfois retrouver des pépites inestimables en décapant des palimpsestes médiévaux, notre soif de modernité, l’obsolescence de l’information que nous traitons chaque jour et surtout les supports que nous utilisons ont fait disparaitre tout ce qui pourrait ressembler à un palimpseste. Chaque jour, nous tuons un peu plus notre histoire.

Se pose également la question de la technologie. Le mot « holographie » a toujours fait rêver les gros consommateurs de bits et d’octets, et nombreuses ont été les recherches qui, jusqu’à présent, on aboutit sur… rien du tout. A commencer par celles conduite à la Villa Bosch ( EML). Ces chercheurs, qui ont notamment signés un contrat de recherche avec l’université de Stanford en janvier 2001, espéraient stocker 10 Go sur des supports plastiques (les prototypes utilisaient le film des rouleaux adhésifs de marque Tesa). Las, là encore, la sacro-sainte « tenue dans le temps »était encore loin de satisfaire le monde informatique.

L’idéal, pensent les principaux spécialistes du domaine, serait de pouvoir utiliser un médium aussi résistant que ceux qui ont permis à Avicenne, Platon ou Aristote de traverser les siècles. Le papier, par exemple. Ou mieux encore, le verre, matière dure, translucide, d’un coût de production relativement faible, parfaitement adaptée à l’enregistrement holographique… mais exigeant des puissances de laser bien plus élevées que celles nécessaire à la gravure d’un DON ou d’une feuille de polypropylène. Et qui dit haute puissance dit risque de clivage, temps d’accès à l’écriture plus lents, temps de latence entre deux écriture encore plus lent… Mais qu’est-ce que le temps, pour un archiviste ou un bibliothécaire ? Qu’est-ce qu’un archiviste ou un bibliothécaire pour un industriel de l’informatique ?

mer. 30/04/08 09:44 | Unregistered Commentermarc

Salut Marc !
Merci pour tes éclairages et réflexions.
Il est clair effectivement que l'alliance du winchester, comme tu dis, qui continue de caracoler, et du haut débit pour des prunes, bref le "backup in the clouds", est un concurrent sérieux.
Le Tapestry tiendra-t-il la promesse de 1,6 To dans 3 ans ? Et à quel prix sera le support ? Prix qui dépend essentiellement du volume, donc du succès…

Ton histoire de tambour me turlupine : le premier que j'ai rencontré se prenait pour une "mémoire de masse" (warf) sur un Univac 1107 que j'ai fréquenté alors que je bossais à l'Inserm de Villejuif. C'était en 1969 et j'ai le souvenir que l'on disait que c'était une première : m'aurait-on enduit d'erreur ? L'Univac était d'occase, il venait de la fac d'Orsay. Patatras : Wikipedia me dit que le tambour magnétique aurait été inventé en… 1932 !

mer. 30/04/08 11:06 | Registered CommenterPierre Vandeginste

Bonjour Pierrre
Je pense que, dans le cas précis, tout le monde a raison. Lorsque je mentionnais le tambour de Cray, c'était le prototype (qui fut d'ailleurs industrialisé, mais en des quantités infimes) du premier enregistreur fondamentalement "informatique". Il en existe encore un modèle opérationnel au Boston Computer Museum. Sur Univac, l'on peut dire que c'était là la première unité de sauvegarde industrielle « à grande échelle »... si l’on peut parler de « grande échelle » à l’époque.
Pour ce qui concerne le tambour des années 30, il s'agit là de l'invention elle-même, de la naissance du concept... bref, une phase très distincte que je dissocie de l’émergence de l’ère des tambours… un peu comme l’invention de Charles Cros et le boum des microsillons dans les années 60.
L’idée du tambour est absolument géniale… un cylindre, une trentaine de têtes parallèles, une vitesse de rotation élevée… et un temps d’accès inférieur à la milliseconde. (je ne parle pas du taux de transfert… on ne devait probablement pas dépasser les 50 Mb/s en raison des fréquences de transition des transistors germanium de l’époque…) Il faudra attendre les grandes architectures Raid 0, avec des chaines en SCSI différentiel (le « hight voltage », celui des Sun d’autrefois) pour commencer à voir apparaitre un équivalent. Nostalgie.
Pour en revenir à Tapestry et son 1,6 To dans trois ans, j’ai encore des doutes. Pis encore ! La « multimédiatisation » des applications Web et autres splendeurs inutiles des Ouèberies 2.0, 3.0 et suivantes, transforment les datacenters actuels en de formidables usines à disques durs. 1 tera, c’est en moyenne ce que consomme réellement en un an une moyenne entreprise de 200 personnes. Dans 3 ans, sans vouloir jouer les cassandres, même un cyber-vendeur de loukoums ou un ado blogueur truffera son site Web de vidéos haute définition et d’applications hébergées/virtualisées. On commencera à parler d’Exabyte (paix à leur âme) en matière de sauvegarde.
Quant au backup in the cloud… c’est une tellement belle idée que je doute qu’un jour elle puisse réellement exister dans sa forme la plus poussée. Je fais référence aux anciens travaux de Stanford et de Berkeley, et non à cette forme abâtardie que proposent certains équipentiers qui réinvente une sorte d’externalisation des sauvegardes. Ocean Store, cette magnifique idée d’une mémoire collective partagée est maintenue par un réseau mondial de volontaires bénévoles, est trop soixanthuitarde, trop utopiste pour qu’elle parvienne un jour à dépasser le stade expérimental. C’est en outre, d’un point de vue sécurité du contenu, un point d’interrogation quasi insoluble. Car paradoxalement, c’est en sécurisant la donnée elle-même (physique, pourrait-on dire) que l’on accroit le plus les risques de fuite. Car le « cloud » ou l’« Ocean » en les éparpillant parfois sur les machine de notre pire ennemi, donne à celui-ci la possibilité de pouvoir, un jour ou l’autre, briser les algo de chiffrement qui isolent le « signifié », autrement dit notre richesse. Un problème commun à tous les concepts de protocoles œcuméniques (agnostique disent les américains), que l’on risque tout d’abord de rencontrer dans le monde des télécommunications numériques, avec la probable émergence des réseaux cognitifs. Saint Mitola, priez pour moi 0:-o

Je suis trop bavard, et doute que tout cela intéresse d’ailleurs qui que ce soit

Marc

ven. 2/05/08 10:22 | Unregistered Commentermarc

@Marc
Trop bavard ? Mais c'est comme ça qu'on t'aime, Marc. Tu ne parles pas pour ne rien dire, toi. Ne change rien. Et reviens quand tu veux.

ven. 2/05/08 12:15 | Registered CommenterPierre Vandeginste

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