Reuters crypte le "génome chinois"
Décidément, la génétique est une discipline glissante. Si l’on y met le pied sans précaution, le dérapage est au coin de la rue. C’est bien ce que suggère le titre pour le moins incongru d’une dépêche Reuters tombée ce 12 octobre à 12h05. Rappelons que le génome humain, celui, donc, du genre humain, a été décrypté officiellement en février 2001, par deux équipes internationales concurrentes, et fut même du coup publié simultanément par les deux revues savantes Science et Nature.
Or, Reuters nous apprend aujourd’hui que, deux points, ouvrez les guillemets : “Scientists map Chinese genome”, autrement dit : “Des chercheurs décryptent le génome chinois.” Vous ne trouvez pas ça un peu court ? Surtout si je précise que le titre complet est en fait plus long : “Scientists map Chinese genome, now look at pandas”, soit : “Des chercheurs décryptent le génome chinois, s’intéressent maintenant aux pandas.” En plus, le texte de la dépêche est lapidaire, fait sans sourciller le rapprochement entre ce “génome chinois” et le “génome humain” de 2001, mais sans le moins du monde tenter de clarifier le trouble engendré par le titre. Est-ce que ce génome chinois est humain ? Est-ce que le “génome humain” était (un peu, beaucoup, pas du tout…) chinois ? Est-ce que le panda est une variété de chinois ? C’est vous qui voyez.
Moi aussi, j’aime bien titrer court, mais si j’étais chinois, je ne suis pas sûr que j’apprécierais ce genre de raccourcis.



Reader Comments (1)
c'est bien connu, les Chinois sont fourbes et cruels (relisez Tintin). voilà qu'en plus, c'est héréditaire !