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Echecs : c’est l’homme qui gagne

785186-580756-thumbnail.jpgDepuis la victoire de Deep Blue sur Garry Kasparov en 1997, on savait déjà que l’homme ne gagnerait plus souvent contre ses meilleurs logiciels. Après quelques rencontres au sommet soldées par des matchs nuls, on sentait que la rencontre organisée à Bonn, du 25 novembre au 5 décembre dernier, entre le champion du monde humain en titre et le meilleur logiciel du moment, serait un moment de vérité.
Face à face, donc, le brillant grand maître russe Vladimir Kramnik et le logiciel allemand Deep Fritz, grand frère d’un produit du commerce. Champion du monde depuis 2000, après Kasparov, le jeune moscovite de 31 ans pratique son art depuis l’age de 5 ans. Né en 1991 au sein de la firme allemande Chessbase, Deep Fritz en est aujourd’hui à sa dixième version et ne cesse de s’améliorer.
Après une première partie nulle, Deep Fritz a pris rapidement l’avantage en emportant, avec les blancs, la deuxième. Quelques nulles plus tard, il termine en beauté en battant à nouveau son adversaire humain dans la sixième et dernière partie, en 47 coups après 5 heures de jeu. Résultat, donc, une victoire par 4 à 2 pour le logiciel.
Comme souvent, c’est dans le non-dit que l’on mesure le mieux le chemin parcouru. Alors que l’on décrivait avec force détails, à l’époque de Deep Blue, le petit monstre ad hoc de 1,4 tonne de silicium, doté de 256 processeurs spécialisés, qui avait battu Kasparov, on a du mal à trouver aujourd’hui une vague description de la machine qui a permis à Deep Fritz de battre Kramnik. Sans intérêt : une machine du commerce avec quelques processeurs. Autrement dit, si l’on offrait à l’excellent logiciel qu’est Deep Fritz un moteur de course, la probabilité qu’un humain gagne encore une partie contre lui tomberait à bien peu de chose.
Rappelons que lorsqu’une machine bat un champion humain, il s’agit bien d’une victoire… humaine. Et que si l’ordinateur bat déjà l’homme aux échecs quand par ailleurs l’intelligence artificielle bredouille, c’est simplement parce que l’intelligence des échecs est l’une des formes les plus machinales de l’intelligence humaine.

Posted on jeu. 7 déc. 2006 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments4 Comments

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Reader Comments (4)

«Rappelons que lorsqu’une machine bat un champion humain, il s’agit bien d’une victoire… humaine.» C'est très bien de rappeler cela!

Dans le même ordre d'idée, ça me fait toujours marrer quand j'entends, ou lis: «...erreur humaine...». Comme si un bug informatique, un circuit électrique foireux ou une faiblesse mécanique n'étaient pas aussi des erreurs humaines ;-)
lun. 11/12/06 02:29 | Unregistered CommenterBéat
On pourrait croire que la question avait été définitevement réglée avec : "Errare humanum est" :-) Que l'on peut entendre dans le sens : "Se tromper est le fait de l'homme". S'il y a une erreur quelque part, bien sûr qu'elle est humaine. Comment une machine pourrait-elle se tromper autrement que parce qu'un homme l'a mal conçue ? La différence entre l'homme et la machine est bien là : contrairement à l'homme, la machine résulte d'un processus que l'on peut qualifier de "intelligent design". Lequel peut inclure, parfois, des "stupid errors".
lun. 11/12/06 09:27 | Registered CommenterPierre Vandeginste
Pour beaucoup de joueurs, le veritable enjeu des programmes d'echec est de savoir si ce jeu est decidable ou non, ie si les blancs disposent d'une strategie pour toujours gagner ou ne jamais perdre. La combinatoire n'est actuellement pas adressable ni par Deep machin, ni par Big truc, mais au 23e ou au 24e siecle, qui sait...
mer. 31/01/07 23:26 | Unregistered CommenterHerve Kabla
Patience, donc.
jeu. 1/02/07 00:04 | Registered CommenterPierre Vandeginste

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