Passeport et emprunt d'empreinte
Le décret d’application est paru : les passeports français seront biométriques, sur tout le territoire fin juin 2009. Les empreintes digitales du titulaire seront relevées, et leur description numérique rejoindra les éléments habituels dans la puce RFID (sans contact) de son passeport.
Pour quoi faire, ces empreintes ? Suis-je bête, tout le monde sait cela, la “biométrie”, c’est-à-dire la sécurisation à l’aide de paramètres biologiques, c’est l’avenir ! Elle est toujours au rendez-vous dans les films de science-fiction. On a tous vu au cinéma James Bond pénétrer dans les lieux les plus secrets en présentant son pouce (ou son iris).
Tout le monde sait que la biométrie, c’est absolument imparable, infaillible et que donc notre tranquillité est à ce prix. Tout le monde « sait » cela, y compris nos politiques, qui savent surtout que nous le savons et qu’en décidant d’y avoir recours, ils donnent l’impression de faire quelque chose pour notre « sécurité ». Leur tranquillité est à ce prix.
À propos de prix, ce sera 100 millions d’euros. Pour les 2000 machines à relever les empreintes (et la photo) qui seront installées dans les mairies où le passeport dernier cri sera délivré. Cent millions pour le consortium qui emportera cette petite commande publique : Thalès-Accenture, Atos-Sagem, Cap Gemini-Sopra ou Bull-Zeltes.
Comme on est dans une démocratie, il va de soi que l’on ne va pas dépenser cent millions d’euros pour une technologie qui n’aurait pas réellement les qualités annoncées. Il doit donc être amplement démontré que grâce à ces empreintes digitales il sera désormais rigoureusement IM-POS-SI-BLE de passer une frontière avec un passeport qui ne serait pas le sien, obtenu légalement.
En fait, la France ne fait qu’appliquer une directive européenne. Laquelle résulte d’une demande, pressante, de Washington. C’est donc d’abord à l’arrivée sur le territoire US que les citoyens européens mettront bientôt leur doigt sur un bidule qui lira leur empreinte, laquelle sera comparée au modèle contenu dans la puce de leur passeport tout neuf.
Bref, c’est à cause du 11 septembre. On en déduit que l’empreinte digitale doit être un formidable moyen d’empêcher les successeurs de Mohammed Atta de pénétrer sur le territoire des États-Unis.
Seulement voilà, il y a des gens qui doutent. Y compris des experts en sécurité.
Car c’est un jeu d’enfant que d’emprunter l’empreinte d’un copain, pour rire, et de la porter sur son propre doigt. Le plus dur est d’obtenir une belle empreinte du bon doigt de la victime, par exemple sur un verre. La suite est simple comme bonjour. Il faut des ingrédients aussi sophistiqués que de la colle et des outils aussi inaccessibles qu’imprimante laser (à partir de 79 € de nos jours). Compter 10 € de fournitures pour une vingtaine d’empreintes.
La recette est sur Internet. Il y a le choix. Essayez par exemple celle (qui remonte à 2004) du CCC (Chaos Computer Club), une association allemande qui vulgarise les faux-semblants de la sécurité informatique. Le reportage d’Arte ci-dessus l’expose assez bien. On peut également consulter les documents d’origine du CCC : cette version en images et en anglais, ou bien la vidéo officielle, en allemand. Une autre méthode fut présentée au public états-unien en 2006 dans l’émission MythBusters sur Discovery Channel.
Plus sérieux, plus académique ? Il y a le papier historique de Jeroen Keuning présenté à un congrès IFIP en 2000 et celui de Tsutomu Matsumoto de la conférence SPIE de 2002.
Ces documents le montrent, même le petit chaperon rouge saura réaliser une fausse empreinte digitale, alors que dire du grand méchant loup ? Question : comment peut-on avoir eu l’idée de « sécuriser » nos passeports au moyen d’une telle passoire ?
Les scénarios d’exploitation de cette faille sont nombreux, mais pour fixer les idées, imaginons que X se présente à une frontière avec le passeport biométrique de Y, qui lui ressemble beaucoup, surtout la barbe : il ne sera pas inquiété s’il présente sur le capteur d’empreinte digitale celle qu’il aura empruntée à Y et collée sur son doigt.
On s’attendrait à des arguments musclés de la part des défenseurs du passeport biométrique. Comme par exemple : « Nous avons pensé à tout, et la police des frontières passera au papier de verre les doigts de tous les passagers arrivant dans nos aéroports, même aux heures de pointe. » Ben non. On parle plutôt d’une technologie miracle qui va dégonfler les files d’attente.
En fait, l’argument qui revient le plus souvent, c’est que l’on a des tas d’idées pour agrémenter les lecteurs d’empreintes de dispositifs techniques additionnels capables de distinguer les fausses des vraies. Le problème, c’est qu’à chacune de ces approches on peut opposer une contre-mesure. Et qu’en conséquence, on passe de la fiction de la « technologie géniale qui apporte une sécurité absolue » à la classique guéguerre de la cuirasse toujours plus épaisse face au canon de plus en plus gros. On devine la suite de l’histoire : dès que le premier cas de passage frauduleux à la frontière grâce à une fausse empreinte passera au « vingt heures », parions que les industriels de la chose nous assurerons que la prochaine génération est prête. Pour eux, la biométrie sera toujours une technique infaillible pour assurer leur sécurité… financière.
Comme si le « faux doigt » ne suffisait pas, des experts réputés en sécurité ont des raisons plus fondamentales, théoriques, de se méfier de la biométrie en général et de l’empreinte digitale en particulier. Voir par exemple ce qu’en dit (en anglais) Bruce Schneier, un pape de la sécurité informatique.
La première raison va de soi : l’empreinte est tout le contraire d’un code secret. On laisse ses empreintes sur les poignées de porte, sur le papier glacé… partout. N’est-il pas un tout petit peu étrange, voire paradoxal, d’utiliser une information quasiment publique pour démontrer qui l’on est ?
Seconde raison, énorme : l’empreinte digitale n’est pas « révocable ». En clair, si on peut changer un mot de passe éventé, bloquer et remplacer une carte à puce volée, que ferez-vous le jour où un vilain se fera passer pour vous grâce à votre empreinte digitale ? Vous changerez de doigt ?
Avant d’être biométrique, notre passeport était déjà affligé d’une puce sans contact, dite “RFID”. J’ai parlé ici en février 2007 du scandale du passeport RFIDi, puis en mars 2007 du passeport british “hacké” en quatre heures, enfin en juin 2007 du passeport belge, particulièrement bavard.
Ce tapis nous roule dans la farine
La réalité virtuelle cherche à nous emmener « ailleurs », à nous immerger dans un monde inventé, calculé. Mais voilà, en vérité nous sommes toujours bien quelque part dans le monde réel. C’est pourquoi il faut tromper nos sens. Et certains sont plus coriaces que d’autres.
Ainsi, nous pouvons porter un casque capable de convaincre nos yeux que nous marchons sur la Lune. Mais il suffit de se cogner sur un mur bien réel pour revenir sur Terre. Et réaliser que nous sommes toujours dans la même pièce, trop petite.
Au Max Plank Institute, Marc Ernst et son équipe travaillent sur une solution assez élégante à ce problème, dans le cadre du projet CyberWalk. Le CyberCarpet (vidéo ici) est un tapis sur lequel on peut marcher dans n’importe quelle direction sans jamais arriver au bord. Tout simplement parce qu’il ne cesse d’évoluer en sens inverse. Une imperfection de notre équipement sensoriel fait que l’on n’y voit que du feu. L’arpenteur de CyberCarpet a l’impression d’avancer alors qu’il fait du surplace.
Techniquement, c’est tout simple : il s’agit d’un large tapis roulant constitué de plaques, qui sont elles-mêmes… des tapis roulant perpendiculaires au premier. Le tout est piloté par un ordinateur doté de capteurs repérant en permanence la position du marcheur, et régulant la vitesse des tapis roulants afin qu’il reste toujours au centre du dispositif. Il peut ainsi déambuler des heures entières, sans jamais rencontrer le moindre obstacle. Visiter des kilomètres de paysage virtuel… plat. Pour simuler la troisième dimension, ça va être plus coton…
Roland Piquepaille en dit plus (en anglais) sur son excellent blog Primidi.
Visitez le Guernica de Picasso… en 3D
Je ne suis pas un inconditionnel de Picasso, mais son Guernica (1937, huile sur toile, 782 x 351 cm, actuellement au musée Reina Sofía, Madrid) m’a toujours fasciné. Quelle puissance d’évocation ! Toute l’horreur, la fureur du monde. Avec une rare économie de moyens…
Une artiste allemande New-Yorkaise, ayant appris aux Etats-Unis maîtrisant fort bien l’infographie dernier cri, a eu l’idée – le culot – d’offrir une troisième dimension au Guernica tout plat de Picasso. Lena Gieseke a donc réalisé un modèle 3D à partir de l’œuvre et nous propose de le visiter dans cette vidéo.
J’ai cliqué sur le lien fourni par un proche (merci YLP), je suis allé voir sans trop y croire, et je suis au final agréablement surpris. La méthode est-elle applicable avec autant de bonheur à n’importe quel tableau ? J’en doute. Fortement. Mais là, me semble-t-il, il se passe quelque chose. Ça marche, ou plutôt, « on » marche. Moi, en tout cas.
J’entends au fond de la salle quelqu’un parler de propriété intellectuelle. Alors là, je vais vous dire ce que j’en pense : fuck la propriété intellectuelle, et surtout fuck les « ayants droit ». Quand on a vendu à Citroën le nom de NOTRE Picasso pour désigner une bagnole, franchement, on ferait mieux de se cacher au fond d’un trou. 
Défendons le Palais de la découverte !
Au secours ! On veut rétrécir le Palais de la découverte. MON Palais de la découverte. Celui où, enfant, j’ai pour la première fois touché du doigt la science. Que dis-je, où j’ai pris mes premiers bains de science. C’est au Palais de la découverte que l’on se fait asperger d’air liquide, ébouriffer les cheveux sous 200 000 volts, centrifuger dans un manège, secouer par un tremblement de terre force 8 sur l’échelle de Richter. Sensations fortes, avec des explications. Pas pour amuser la galerie, mais pour connecter, dans l’esprit des petits et grands, le concret et le concept. Pour illustrer ce va-et-vient entre le fait et la théorie, qui construit la science.
Ce Palais de la découverte, donc, d’aucuns prévoient de le rapetasser. Parce que l’on a d’autres projets pour valoriser le Grand Palais, où il est installé. Alors on lui chipote les mètres carrés, les mètres cubes. Exemple : les exposés « air liquide » et « chaleur », que l’on peut voir chacun quatre fois par jour, devraient faire salle commune. Pratique.
Ce n’est pas tout. À cause d’un financement en berne, certaines expériences sont déjà en friche. Quelques-unes risquent de disparaître, comme la centrale nucléaire, qui nécessite des travaux.
Mais aussi, franchement, pourquoi les gens voudraient-ils comprendre l’énergie nucléaire, je vous le demande ? Est-il bien raisonnable de dépenser tout ce précieux argent public pour que les citoyens de ce pays comprennent ce qu’est un gène, une onde, un gaz à effet de serre ou l’effet photovoltaïque :-?
Soyons sérieux. À une époque où un nombre croissant de grands choix de société reposent sur des notions scientifiques, il est au contraire vital, pour la démocratie, que le peuple (excusez le gros mot) comprenne afin de décider en connaissance de cause. Est-ce que le citoyen français est parfaitement à l’aise avec toutes ces notions que l’on retrouve au cœur de grands débats de société : biodiversité, réchauffement global, crise énergétique…
Devrait-on se contenter de l’école (et de la télévision ;-) pour mener à bien cette mission essentielle de vulgarisation scientifique ? Non, ce n’est pas un luxe d’offrir aux Français ce lieu particulier d’accès au savoir scientifique qu’est le Palais de la découverte. Le citoyen n’accepte plus de s’en remettre à l’avis des experts. Et il ne veut pas « mourir idiot ». Il a donc besoin d’un choix renouvelé, et non pas rétréci, de lieux d’accès à la science.
Á propos de choix, il est question aussi de fusionner le Palais de la découverte avec la Cité des sciences et de l’industrie. En voilà une drôle d’idée : ce qui est sympathique avec ces deux institutions, c’est qu’elles ont deux approches différentes. Deux histoires, deux cultures, deux visions. Étrange que sous un gouvernement qui clame si fort son libéralisme, on ignore les vertus de la concurrence…
Pour en savoir plus sur le combat des personnels et amis du Palais de la découverte pour que ce dernier ne soit pas amputé, qu’il retrouve un budget décent et ne soit pas fusionné avec la Cité des sciences, cliquer ici. Il y a une pétition. 
300 Go sur le disque holographique Tapestry de InPhase Technologies
Vous trouvez le DVD décidément trop étriqué, et même la variété Blu-ray, avec ses 50 Go en double couche, ne suffit plus à absorber les sauvegardes de vos inoubliables créations ? Qui parle de téléchargement ?
Une solution est en vue pour vous. Le disque holographique, si l’on en croit Robin Harris de ZDNet, ne sera plus un serpent de mer dans un mois. C’est en mai prochain que devraient être livrés les premiers exemplaires du très attendu Tapestry de InPhase Technologies, un lointain rejeton des Bell Labs installé dans le Colorado.
300 Go, c’est ce que permettra de stocker (sur support non réinscriptible, pour le moment) le modèle de première génération, Tapestry300r (pdf). InPhase annonce déjà la couleur pour les futurs Tapestry v2 et v3 : ce sera 800 Go puis 1,6 To (pour téraoctet). Compter 18 mois à deux ans entre deux générations, promet InPhase. Enfin, on verra.
Bon, dans un premier temps, l’objet ne sera pas donné. Tarif : 18 000 $ (11 400 €). On sait ce que deviennent les prix, dans cette industrie. Le support (180 $) est d’un diamètre supérieur au DVD (130 mm contre 120). Il est surtout protégé dans un boîtier (152 x 135 x 11 mm).
InPhase Technologies annonce deux bonnes nouvelles. Une sympathique vitesse de transfert, de 20 Mo/s dans un premier temps, puis 80 et 120 Mo/s (soit un CD en 6 s, un film HD en 3 mn) pour les générations à venir. Et une durée de vie du support de 50 ans (contre 20 pour un DVD ?). Tous ces chiffres sont fournis par le fabricant et donc livrés au conditionnel.
En deux mots, une mémoire holographique enregistre les données dans l’épaisseur (ici 1,5 mm) de son support (photographique) où sont formées des franges d’interférence (hologramme) par l’intersection de deux faisceaux laser, l’un de référence et l’autre modulé par un écran sur lequel est affiché une matrice de pixels correspondant aux bits à enregistrer.
Ça représente quoi, 300 Go ? Une journée entière de vidéo HD (et une semaine en définition ordinaire) ou 6 mois de musique en MP3 « haute qualité ».
La mauvaise nouvelle, c’est qu’aucune date de lancement en France n’est encore connue…
Astéroïde, petit génie et storytelling
L’histoire était trop tentante, comment résister ? Un « petit génie », comme les affectionne la civilisation du temps de cerveau disponible, fait la leçon à une prestigieuse institution scientifique, la Nasa. Et nous apprend que la fin du monde est (peut-être) pour 2036. Les « savants » avaient bien repéré l’astéroïde Apophis, mais ils avaient oublié un truc : les satellites ! Si le gros caillou se cogne dans l’un d’entre eux lors de son premier passage en 2029, estime le jeune allemand de 13 ans, sa trajectoire sera modifiée au point qu’il risque vraiment de nous tomber dessus au prochain passage, en 2036. Le gosse refait les calculs et trouve que la probabilité d’un impact n’est pas de une chance sur 45 000, comme l’indique la Nasa, mais de une sur 450. Une erreur d’un facteur 100, la honte pour la Nasa, la gloire pour le gamin…
C’est pas un beau sujet, ça ? Cette mayonnaise prend d’abord dans la presse allemande locale (le Potsdamer Neueste Nachrichten) et moins locale (comme le Bild), elle est ensuite reprise en France et dans le monde, via l’AFP, qui publie une improbable dépêche [Edit le 17/4 à 12h15 : notre lien initial vers la version afp.google.com de la dépêche renvoie désormais vers une version corrigée, on trouvera ici notre mémoire de la dépêche originale] dans laquelle rien n’est vérifié et à peu près tout est faux. Sauf au moins une chose : l’URL de la page du site spécialisé de la Nasa qui fournit (et fournissait déjà avant cette affaire) tous les détails nécessaires pour constater que le gamin s’est mis le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.
Car si Apophis doit effectivement passer dans les parages de la Terre en 2029, à quelque 33 000 Km d’altitude, ses chances de se cogner au passage sur un satellite géostationnaire (orbitant à quelque 36 000 Km) sont en fait infimes. Pas seulement parce qu’ils ne sont qu’un bon millier, en comptant les morts, et certainement pas 40 000 comme l’indique la dépêche. Mais surtout parce que l’astéroïde arrivera « en biais » et passera très au large de l’orbite équatoriale fréquentée par ces satellites. C’est écrit en toutes lettres sur la fiche d’Apophis sur le site ad hoc de la Nasa.
Dans ce désastre journalistique, j’apprécie tout particulièrement cette phrase : « La Nasa et Nico Marquardt estiment qu’en cas de collision, la boule de fer et d’iridium d’un diamètre de 320 mètres et lourd de 200 milliards de tonnes tomberait dans l’Océan Atlantique. » Un collier de perles. Le site de la Nasa estime la masse de l’astéroïde à 20 millions de tonnes (soit 10 000 fois moins) et suppose qu’il est du type « chondritique », essentiellement pierreux. Raté pour la « boule de fer et d’iridium », dont on ne parle dans aucun livre d’astronomie. Cerise sur le gâteau, alors que le document de la Nasa explique en long et en large qu’Apophis a toutes les chances de rater la Terre dans les grandes largeurs, l’AFP nous annonce que c’est dans l’Océan Atlantique que le caillou tombera.
Le blog « astronomique » de l’Allemand Daniel Fisher semble avoir été le premier à rétablir les faits, après un contact avec Don Yeomans, le pape de la chasse aux astéroïdes à la Nasa. Laquelle, pour finir, a produit un démenti officiel, pour défendre ses excellents calculs, qui tiennent compte des satellites, merci, c’est gentil de nous y avoir fait penser, mais le risque d’impact, le 13 avril 2036, est toujours évalué à 0,000022 (soit une chance sur 45 000). Et la Nasa de préciser : non, elle n’a pas eu le moindre contact avec le « petit génie ». Non, contrairement à ce qui a été largement colporté, elle n’a pas reconnu la soi-disante erreur et encore moins concédé que les calculs du jeune Allemand seraient exacts. 
Johnny Lee, le génie de la Wii
Il s’appelle Johnny Chung Lee (son blog) et il fait des miracles avec une Wii (la fameuse console de jeu de Nintendo), et quelques dollars de matos supplémentaire, que l’on peut acheter n’importe où (« n’importe où » se dit « chez RadioShack » aux États-Unis).
C’est surtout la « Wiimote », la zapette de la Wii, qui l’intéresse, d’ailleurs. Elle comporte une caméra infrarouge pas ridicule du tout. Qui lui permet de réaliser, pour une poignée de dollars, un tableau interactif tout à fait plausible. Ou une sorte de pseudo écran tactile tout aussi géant. Ou encore un dispositif permettant de pénétrer dans un univers 3D.
Il a fort bien expliqué tout ça lors de son passage à TED en mars dernier, et la vidéo de son topo est désormais disponible (TED, Youtube). Désolé, c’est toujours en anglais, mais c’est plus pro que les vidéos de Johnny Lee, qui ont fait un tabac sur Youtube.
Souvent présenté comme un « jeune étudiant » (pour faire plus “petit génie” ?), Johnny Chung Lee est encore jeune mais déjà chercheur, il prépare une thèse au Human-Computer Interaction Institute de la Carnegie Mellon University (Pittsburgh, PA), l’un des meilleurs campus du monde. On n’est pas inquiet pour lui.
L'aérogel malais isole bien moins cher
L’aérogel est le matériau solide le plus léger du monde. Avec une densité de quelque 3 grammes par litre, il est 10 fois plus léger que le polystyrène expansé, deux fois plus lourd que l’air. Cela parce qu’il en contient 99,8%, d’air. Transparent, ce matériau supporte sans bobo 2000 fois son poids et ne fond qu’à 1200 °C. Enfin, c’est un isolant thermique hors norme. Il est par exemple 37 fois plus isolant que la laine de verre, très largement utilisée dans le bâtiment.
Inventé en 1931, l’aérogel reste cher. La variété la plus courante, l’aérogel de silice (qui est en quelque sorte du verre battu en neige), est commercialisé à près de 2000 € le Kg, soit 6 € le litre. Ce qui limitait jusqu’à présent son usage à quelques niches scientifiques et industrielles.
Quoi de neuf ? Une jeune chercheuse de l’Université technologique de Malaisie, Halimaton Hamdan, diplômée de l’Université de Cambridge, a récemment trouvé une solution pour diviser par cinq le coût de production de l’aérogel de silice. Qui plus est, en utilisant comme matière un déchet agricole, le son (l’enveloppe du grain) de riz. Une fois industrialisé, son procédé fournirait donc de l’aérogel à quelque 400 € le Kg, un peu plus de 1 € le litre. Encore trop cher ? C’est de toute façon une étape, d’autres progrès pourraient suivre. Et souvenons-nous que ce matériau isole 37 fois mieux que la laine de verre : il en faut donc 37 fois moins pour un même résultat…
Isolation ? Mais au fait, n’ai-je pas entendu dire que nos logements jettent la chaleur par les fenêtres (mais aussi les murs, le toit…) ? Au point que, très logiquement, le tout premier effort à fournir, le plus trivial pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre consiste précisément à améliorer leur isolation ? Autant dire que l’avenir de la planète dépend d’inventions comme cet aérogel moins cher. Merci, Halimaton Hamdan. Via Ecogeek. 
Dessine-moi un éléphant !
Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe, là ? La brave bête reproduit, bêtement, des gestes enregistrés à force de dressage ? Si vous le dites. N’empêche, j’aimerais avoir le geste aussi précis. Mais je n’ai pas de trompe.
Je verse une pièce au dossier. Sur cette autre vidéo, on voit nettement que le dresseur guide l’éléphant : surveillez sa main sur la défense du peintre…
Je viens de découvrir un truc renversant : cette histoire d’éléphant qui peint, avec ses allures très « couleur locale », est en fait importée des États-Unis. Cela se passe dans le cadre d’une ONG dénommée « the Asian Elephant Art & Conservation Project », sise à New York. Laquelle a été créée en 1998 par un duo d’artistes « conceptuels » russes, Vitaly Komar et Alex Melamid, vivant aux États-Unis. Sa mission : prendre soin des nombreux éléphants devenus chômeurs et SDF, en Thaïlande, depuis qu’ils ne sont plus employés à surexploiter les forêts de teck. Pour assurer le financement de cette AEACP, le duo a l’idée de faire peindre les éléphants, comme cela se pratique depuis longtemps dans de nombreux zoos états-uniens et plus généralement anglo-saxons. Comme par exemple à Buffalo (NY), à Milwaukee (WI), à Colorado Springs (CO) ou encore à Melbourne (Australie).
Et ça marche. L’AEACP accueille aujourd’hui des dizaines d’éléphants et leur « apprend » à peindre (mais aussi la musique et le foot) dans une dizaine de sites répartis dans quatre pays (Thaïlande, Indonésie, Inde Cambodge). La peinture d’éléphant se vend bien (typiquement 500 $ la toile), les éléphants touchent 30% du prix de vente (sic), les touristes adorent ça et du coup on trouve sur le Net des douzaines de vidéos montrant des éléphants qui peignent. Le plus souvent des taches ou des fleurs.
Hydro… lien (2)
L’énergie de la mer a franchi une étape symbolique. Seagen, la première hydrolienne de production dépassant le mégawatt vient d’être posée par 24 mètres de fond, dans le détroit de Strangford, en Irlande du Nord. L’un des plus puissants courants de marée du monde lui permettra de produire jusqu’à 1,2 MW d’électricité en pointe, pendant 18 à 20 heures par jour. L’installation, partiellement émergée, comporte un pylone central, sur lequel un bras mobile portant deux hélices circule entre une position basse de production et une position haute facilitant la maintenance. Les deux hélices bipales de 16 mètres d’envergure sont réversibles, afin d’exploiter le courant aussi bien lors de la marée montante que descendante.
Seagen devrait être opérationnelle dans quelques semaines et reliée au réseau électrique cet été. Elle doit alimenter un millier de foyers. Le constructeur, Marine Current Turbines, prolonge ainsi l’expérience acquise depuis l’installation en 2003 de l’hydrolienne Seaflow de 300 kW à Lynmouth, près de Cardiff (dont nous parlions ici). La suite ? Une ferme de sept hydroliennes totalisant une puissance crête de 10 MW devrait être installée d’ici 2012 au large de l’île Galloise de Anglesey.
L’installation de Seagen confirme la position de pionnier de la Grande-Bretagne en matière d’énergie de la mer. On sait qu’elle risque d’être quelque temps handicapée par un coût élevé, induit par la spécificité du milieu marin (corrosion, accessibilité…). Mais on sait également qu’elle représente un vaste potentiel (surtout l’énergie des vagues), tout particulièrement pour une nation encerclée par la mer et qui dispose d’un “savoir-faire-sous-la-mer” développé pour l’exploitation du pétrole offshore. 


